En route pour d’autres “Ciels” avec Wajdi Mouawad
Dans une scénographie originale, cinq espions tentent de déjouer une menace d’attentat, enfermés dans une cellule. Voilà l’univers captivant de Ciels écrit et mis en scène par Wajdi Mouawad.Une création du festival d’Avignon 2009 et joué du 6 au 14 novembre à l’ENSATT.
Un grand cube blanc encercle la salle de représentation. Des techniciens du théâtre des Celestins placent les spectateurs autour des diverses entrées de ce carré. L’entrée n’a rien de conventionnel. Tout comme la pièce. Les portes s’ouvrent sur un jardin de tabourets blancs qui tournent sur eux-mêmes. Le public est décontenancé, il redoute un mal de dos à rester deux heures trente sans dossier. Il n’en sera rien. Le temps filera sans même qu’il ait le temps de consulter sa montre. L’entrée en matière des acteurs est tout aussi spectaculaire. Ils se baladent autour et milieu des spectateurs. Il n’y a pas une scène mais plusieurs espaces de jeu où les acteurs performent avec brio.
Suspens du début à la fin
Avec la course contre la montre des cinq espions pour sauver le monde, l’auteur et metteur en scène libanais Wajdi Mouawad offre ici une belle critique de la société actuelle. Les conflits personnels et familiaux auxquels sont confrontés les protagonistes, à cause de leur absence prolongée, mettent en lumière l’oubli des priorités des travailleurs d’aujourd’hui. La première hypothèse évoquée quant à l’identité des potentiels terroristes est la piste islamiste. Ce qui est soupçonné à l’heure actuelle dans le monde réel, dès qu’une menace d’attentat fait surface. En plus de dénoncer le monde dans lequel nous vivons, le scénario est rondement bien mené. Le spectateur est tenu en haleine du début à la fin et je tire mon chapeau à ceux qui auraient deviné la clé de l’énigme avant qu’elle ne soit dévoilée.
Pour ne rien gâcher, John Arnold, Georges Bigot, Valérie Blanchon, Olivier Constant et Stanislas Nordey étaient époustouflants. Si réalistes et convaincants que l’on ne peut que se laisser submerger par leurs émotions. S’amuser et s’attrister avec eux. La régie a également fait un superbe travail pour cette merveilleuse création qui mêle art vivant, spectacle son et lumière et nouvelle technologie. La standing ovation réservée à l’équipe était amplement méritée.
Albane Deloule

ENSATT (Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre)
4 rue Soeur Bouvier
69322 Lyon cedex 05
Tél: 04.78.15.05.05
Fax: 04.78.15.05.36
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