En route pour d’autres “Ciels” avec Wajdi Mouawad

Dans une scénographie originale, cinq espions tentent de déjouer une menace d’attentat, enfermés dans une cellule. Voilà l’univers captivant de Ciels écrit et mis en scène par Wajdi Mouawad.Une création du festival d’Avignon 2009 et joué du 6 au 14 novembre à l’ENSATT.

Un grand cube blanc encercle la salle de représentation. Des techniciens du théâtre des Celestins placent les spectateurs autour des diverses entrées de ce carré. L’entrée n’a rien de conventionnel. Tout comme la pièce. Les portes s’ouvrent sur un jardin de tabourets blancs qui tournent sur eux-mêmes. Le public est décontenancé, il redoute un mal de dos à rester deux heures trente sans dossier. Il n’en sera rien. Le temps filera sans même qu’il ait le temps de consulter sa montre. L’entrée en matière des acteurs est tout aussi spectaculaire. Ils se baladent autour et milieu des spectateurs. Il n’y a pas une scène mais plusieurs espaces de jeu où les acteurs performent avec brio.
Suspens du début à la fin
Avec la course contre la montre des cinq espions pour sauver le monde, l’auteur et metteur en scène libanais Wajdi Mouawad offre ici une belle critique de la société actuelle. Les conflits personnels et familiaux auxquels sont confrontés les protagonistes, à cause de leur absence prolongée, mettent en lumière l’oubli des priorités des travailleurs d’aujourd’hui. La première hypothèse évoquée quant à l’identité des potentiels terroristes est la piste islamiste. Ce qui est soupçonné à l’heure actuelle dans le monde réel, dès qu’une menace d’attentat fait surface. En plus de dénoncer le monde dans lequel nous vivons, le scénario est rondement bien mené. Le spectateur est tenu en haleine du début à la fin et je tire mon chapeau à ceux qui auraient deviné la clé de l’énigme avant qu’elle ne soit dévoilée.
Pour ne rien gâcher, John Arnold, Georges Bigot, Valérie Blanchon, Olivier Constant et Stanislas Nordey étaient époustouflants. Si réalistes et convaincants que l’on ne peut que se laisser submerger par leurs émotions. S’amuser et s’attrister avec eux. La régie a également fait un superbe travail pour cette merveilleuse création qui mêle art vivant, spectacle son et lumière et nouvelle technologie. La standing ovation réservée à l’équipe était amplement méritée.
Albane Deloule

ENSATT (Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre)
4 rue Soeur Bouvier
69322 Lyon cedex 05
Tél: 04.78.15.05.05
Fax: 04.78.15.05.36

novembre 16, 2009. CuLtUrE bOx, Sous les planches. Laisser un commentaire.

The informant, pire film de l’année

La palme du plus mauvais film est décernée à… Suspens… The informant de Steven Sodenbergh. Un scénario inintéressant au possible, un jeu d’acteur catastrophique et aucune action : voilà le secret de l’échec.

Côté scénario, Scott Z. Burns propose l’histoire d’une grande entreprise américaine de maïs suspectée par le FBI de pratiquer une entente sur les prix. Un homme, Mark Whitacre, – incarné par Matt Damon qui a pris une dizaine de kilos pour l’occasion- décide de jouer les agents doubles pour le FBI. Rien d’exceptionnel mais après tout, pourquoi pas. On ne voit pas tous les jours un film se dérouler dans les locaux d’une multinationale.
Dès le début du film, le spectateur se perd. Il ne sait pas qui joue quel rôle, ni quelle est au juste la fonction de Mark Whitacre. Il n’y a aucune cohérence. Ce n’est qu’à la fin, pour ceux qui ont réussi à rester dans la salle, que l’on comprend que le thème principal est la schizophrénie. Ce sujet si important est traité de manière peu claire, afin de retranscrire l’état d’esprit du malade peut-on supposer. Pourtant cette maladie si peu connue mériterait un traitement plus approfondi et une mise en scène plus captivante.
Une performance râtée
Il est délicat de jouer une personne malade et Matt Damon s’est cassé la gueule. Il aurait du prendre des cours auprès de Sigourney Weaver, afin de s’approcher de sa brillante interprétation de Linda dans Snow Cake. Son embonpoint a du empêcher Matt Damon d’être aussi brillant quand dans la série des Ocean. Il ne parvient pas à captiver l’attention. Il faut admettre qu’il est très peu aidé par l’histoire lente et discontinue. Le décor terne n’arrange en rien le film.
Une seule envie traverse tous les esprits lors de la projection : partir en courant. Pour les plus tenaces, qui, entre deux bâillements, parviennent à rester éveillés la déception n’en est que plus grande. Aucune explication n’est donnée et le floue continu. A ne surtout pas voir, sauf si vous avez des problèmes d’insomnie.

Albane Deloule

novembre 15, 2009. Cinéwoman, CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

Le coup de coeur : Mlles Tuff

« Elles me permettent de tenir ma petite révolution personnelle »

Ange déchu/ Mlle Tuff

Stéphanie R., 26 ans est neuropsychologue. Cette toulousaine exilée en région parisienne est passionnée par le dessin depuis son plus jeune âge. Sans aucune prétention de graphiste ou illustratrice, elle a créée un personnage à son image : Mlle Tuff. Un joli brin de femme qui lui permet de se confier. Rencontre avec la jeune artiste.

Depuis combien de temps dessines-tu ?

Je dessine depuis toute petite, j’ai assisté aux cours que dispensait ma mère, peintre aquarelliste. Elle m’a appris différentes techniques (aquarelle, pastel, huile, collages, etc) et j’ai dans un premier temps jeté mon dévolu sur l’acrylique. J’ai même reçu un prix dans un salon à Toulouse à l’âge de 10ans pour un tableau sur lequel j’avais collé de la litière de chat pour donné du relief aux coquelicots en premier plan ! Adolescente, je ne faisais plus que collectionner les photos des oeuvres de Miss Van sur les murs de Toulouse. Depuis… je n’ai plus fait grand chose, hormis quelques autres tableaux en acrylique.

Comment est née l’idée des Mlles Tuff ?
La naissance des Mlles Tuff, en 2007, c’est la rencontre entre de nombreux éléments : les tableaux numériques de Cali Rezo découverts par hasard sur la toile ; « Cherry de moi » (Sic), designer, m’apprend l’utilisation de la tablette graphique et de Photoshop, habiter dans un petit appartement parisien ne laissant pas beaucoup de place pour un chevalet et une toile… Puis un jour me vient l’idée de créer une “Miss”, à l’aide d’une tablette numérique, plutôt autoportrait en y mêlant toutes mes influences.

Quelles sont tes influences ?
Mes influences sont, de manière flagrante : Miss Van et ses poupées sexy, Cali Rezo pour sa sensibilité et l’aspect pastel. Des graphistes comme Tokidoki ou Arthur de Pin pour leur humour. Et un sculpteur : Niki de Saint-Phalle pour sa féminité exubérante !

D’où vient le nom Mlle Tuff ?
Je ne voulais pas l’appeler Miss Teff, mon surnom. Il arrivait parfois à mon entourage d’écorcher volontairement mon surnom en “teuf-teuf” ou “tuff”. Mlle Tuff, c’est mon surnom écorché en quelque sorte et je trouve que ça lui colle bien !


Que représentent-elles pour toi ?

Elles sont ma partie écorchée. Elles me permettent de tenir ma petite révolution personnelle, pour toutes les filles comme moi qui ont de formes et qui se veulent “sexy-mimi” ! C’est un jeu avec les codes de la séduction.
Il m’arrive d’en dessiner certaines en pensant à une amie ou des autoportraits, ça m’aide à trouver des caractéristiques différentes. Par exemple, j’en ai fait une pour décorer une paire de roller !

Quelle est ta Mlle Tuff préférée et pourquoi ?

J’ai deux Mlles Tuff préférées, dans deux styles différents.  “Urban” qui est en noir et blanc, effet négatif. J’adore cet effet même s’il est difficile de créer de la volupté avec des contrastes aussi forts, je crois y être arrivée avec celle-ci.
La deuxième c’est “cache-coeur”, une de mes dernières. Elle symbolise mes avancées actuelles dans ma recherche de style et je la trouve très féminine.

Tu utilises la technique du « digital art » , en quoi consiste –t-elle et comment t’y es-tu mise ?

C’est de l’art numérique”. Je les dessine entièrement avec une tablette graphique et Photoshop, souvent à partir d’un modèle photo. J’utilise différents pinceaux pour les textures, etc.  J’ai essayé d’appliquer les règles de l’acrylique et du dessin en général au dessin numérique : brancher la tablette graphique, prendre le stylet et tenter : pinceau, épaisseurs (ou calques), gomme… mais j’apprends toujours beaucoup. Il n’y a qu’à voir l’évolution entre les premières et les dernières.

Propos recueillis par Albane Deloule

Si vous voulez découvrir d’autres de ses créations : http://www.teffou.fr/blog/index.php?Art-iteff ou http://mlle-tuff.hautetfort.com/

octobre 24, 2009. CuLtUrE bOx. 2 commentaires.

Coup de gueule : rendez-nous Grey’s Anatomy !

Une fois de plus le beau Dr Mamour va être remplacé par un match de football. Quatre-vingt-dix minutes à regarder vingt-deux hommes en short courir après un ballon, plutôt que de suivre trois épisodes des aventures de l’équipe du Seattle Grace.

« Moi je voudrais du football, des avants-centres et des goals, la plus haute marche du podium, les récompenses quoi qu’on en pense ». Contrairement à Jéronimo, tout le monde n’a pas envie de voir la France jouer et ce, deux semaines de suite. Nombreux sont ceux qui payent plus de vingt euros d’abonnement à Canal +  tous les mois pour voir leurs équipes préférées sur petit écran. Alors pourquoi imposer à ceux qui ne souscrivent pas, afin de pouvoir tranquillement passer leurs soirées devant autre chose que du foot, un énième match ? Personne ne pense à ceux qui attendent impatiemment la suite de Grey’s Anatomy ! Certains préfèrent découvrir ce qu’il va se passer entre Christina et le nouveau titulaire ou apprendre si Izzie va réussir à se débarrasser du fantôme de Denis. A croire que la cuisante défaite de l’Olympique de Marseille il y a deux semaines n’a pas servi de leçon.

Rendez-nous Grey’s Anatomy ! Comment tenir deux mercredis de suite sans la névrose de Meredith, sans le regard charmeur de Derek Sheperd, etc. ? On n’en peut plus d’attendre de voir si maxi Sloan va tremper mini Sloan dans mini Grey. Les pensées, qui ont tout de philosophique, de Meredith, telles que « Ne vous faites pas avoir par les belles chaussures, le sexe et ne plus avoir les parents sur le dos… Les responsabilités, ça craint » nous aide à traverser avec plus de confiance et de bonne humeur, les épreuves de la vie.

Nos chers dirigeants se battent pour lutter contre le piratage, avec la loi Hadopi. Et pourtant, les chaînes de télévision en tardant à diffuser les nouvelles saisons, ou reportant  sans cesse les épisodes ne laissent guère d’autres choix. En effet, quelle meilleure solution pour ne pas s’impatienter que de télécharger ou regarder la suite en streaming ? Cette idée a traversé plus d’un esprit. Alors pour lutter contre cela : laisser les joueurs payés des millions pour taper dans un ballon au vestiaire et remettre Grey’s Anatomy !

Albane Deloule

octobre 13, 2009. Edito. Laisser un commentaire.

Où es-tu? : une agréable surprise

Philippe et Suzanne sont inséparables depuis leur plus tendre enfance. Leurs chemins se séparent lorsque la jeune femme décide de se lancer dans l’humanitaire. Un scénario original pour la mini-série Où es-tu ? inspiré du best-seller éponyme de Marc Lévy. Une belle surprise à la hauteur du chef d’œuvre de l’écrivain français.

« Elle cherche comment aller plus loin, et si tu ne fais pas attention elle se glisse dans ta tête pour te noyer et quand elle a réussi, elle s’enfuit par tes yeux pour aller noyer quelqu’un d’autre. Ne mens pas, je l’ai vu la pluie dans tes yeux, tu as beau essayer de la retenir en toi, c’était trop tard, tu l’as laissé entrer, tu as perdu ! »  Cette phrase, tout aussi culte que riche en émotions, reflète l’intensité du roman Où es-tu ? de Marc Lévy. La barre était donc placée très haut pour une adaptation sur petit ou grand écran. Miguel Courtois a relevé le défi. Le résultat est épatant. Une série en quatre épisodes tout aussi palpitants les uns que les autres.

Si l’adaptation n’est pas fidèle à cent pour cent à l’œuvre originale, l’histoire n’en reste pas moins rondement bien menée. Dans le roman, tout l’aspect humanitaire n’était que sous-entendu dans les missives de Suzanne, alors que la série montre sa mission en République Dominicaine. L’occasion de dresser le portrait d’une héroïne fragile, perdue et qui doute sur le bien fondé de ses choix. Un rôle qu’interprète à merveille la chanteuse et comédienne Elsa Lunghini.

Une belle surprise
Côté jeu d’acteur, Philippe Bas et Cristiana Reali s’en sortent également bien. Ils incarnent respectivement Philippe et Marie avec beaucoup de talent et d’émotion. De quoi tenir le spectateur en haleine et le faire passer du rire aux larmes en un instant. Une seule envie lui vient à la fin d’un épisode, regarder le suivant sans attendre.

La recette du succès est dévoilée : un scénario original, une histoire touchante, un jeu d’acteur impressionnant. Une belle surprise qui est malheureusement passée à la trappe pour le grand public. Un seul regret : l’absence du célèbre ballon rouge.

Albane Deloule

octobre 13, 2009. CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

L’expo de la semaine

Bob l’éponge s’expose au pavillon de l’eau

Bob l’éponge ne se contente pas d’envahir les écrans de télévision du monde entier, il s’invite également au Pavillon de l’eau (Paris XVI) du 10 juillet au 21 novembre pour une exposition hilarante et gratuite.

Pavillon de l’eau. Paris XVIème. De nombreux enfants entrent et sortent, le sourire jusqu’aux oreilles. Ils sont venus voir leur idole. Non pas Lorie ou Zac Efron, mais Bob l’éponge. Le héros de la chaîne de télévision américaine Nickolodeon, a voulu fêter ses dix ans avec tous ses fans. Puisque cette éponge mondialement connue n’a rien d’ordinaire, la fête ne pouvait être autre qu’originale. Et quoi de mieux pour se faire remarquer que de revisiter les plus grandes œuvres d’illustres peintres tels que Salvador Dali, René Magritte ou encore Sandro Botticelli ? Le personnage de dessin animé s’expose donc gratuitement du 10 juillet au 21 novembre.
En entrant dans la salle, les visiteurs se retrouvent nez à nez avec un Bob défeuillé et éhonté, qui a pris la place de la déesse de l’amour dans le célèbre tableau La naissance de Vénus, peint en 1484 par Sandro Botticelli. Des « wahou ! », « c’est trop bien fait » ou autres « génial » fusent dans les allées du pavillon. Pour tous les petits curieux, une petite représentation, ainsi qu’une explication sur l’œuvre originale sont exposées. Le point de vue de Bob est également affiché.
A sa droite, la création de Bob l’éponge, première créature de Bikini Bottom, très largement inspiré de La création d’Adam de Michel-Ange, qui orne la chapelle Sixtine. S’ensuivent, pêle-mêle, une somptueuse caricature de Persistance de la mémoire de Salvador Dali, deux autoportraits copiés sur Rembrandt van Rijn et Vincent Van Gogh ou encore un dessin de Bob se prenant pour L’Homme de Vitruve représenté par Léonard de Vinci en 1492. Loin d’être de simples caricatures, ces  tableaux amusants sont des œuvres à part entière. Drôles, originales et belles, elles ont une âme et une histoire propres. On regrette tout de même l’absence de signature des artistes qui ont mis le héros en scène.
Les plus fidèles admirateurs apprécieront aussi la mise sous vitrines de « goodies », tels que des postes radio, des lecteurs DVD, des sacs uniques en leur genre, des casques… Le tout à l’effigie de la star de l’exposition. Un concours de dessin attend même les artistes en herbe.

Albane Deloule

octobre 9, 2009. CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

Le livre de la semaine

Confessions d’une accro de la série

Chaussures en pagaille, robes hors de prix… Voici le quotidien de Becky Bloomwood, héroïne de Confessions d’une accro du shopping. Cette comédie légère et romantique est l’œuvre majeure de la Britannique Sophie Kinsella. Critique.

confessions-dune-accro-du-shoppingCélibataire, journaliste financière et quelque peu dépensière, Becky Bloomwood est tout ce qu’il y a de plus normale. Rien ne laissait présager que cette jolie Londonienne de vingt-cinq ans  serait l’héroïne d’une série d’aventures rocambolesques. Un personnage haut en couleurs pour qui l’essentiel se résume en l’achat d’une écharpe Denny and George et d’une paire de botte.
Sophie Kinsella, dans ce best-seller qui l’a rendu célèbre, manie l’humour à la perfection pour notre plus grand bonheur. Elle dépeint ici une critique du monde actuel. Cette société de consommation qui entraîne les plus faibles dans ses terribles engrenages. Qui n’a jamais rêvé de dépenser sans compter ? Qui ne s’est jamais retrouvé dans la position de Becky, à acheter juste pour l’adrénaline que cela procure, sans se soucier du banquier ?
Du rire aux larmes
L’auteure  dessine une femme qui peut résister à tout sauf à la tentation, à l’instar de Dorian Gray, le héro d’Oscar Wilde. Dans un style, qui manie habillement narration et missives, la Britannique nous tient en haleine tout au long des aventures rocambolesques de cette « Mme Tout le monde » à l’imagination folle. Le lecteur passe du rire aux larmes en un claquement de talon.
Reste à voir si l’adaptation cinématographique sera à la hauteur de ce petit bijou.

Albane Deloule

octobre 8, 2009. 4ème de couv', CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

Le pop art s’invite à Studio M

Article rédigé dans le cadre d’un exercice scolaire le 3 février 2009

Des portraits hauts en couleur. Du pop art inspiré d’Andy Warhol dans cette galerie incongrue : les couloirs de l’école. C’est ce que proposent les élèves de MANAA, qui ont tour à tour joué le rôle d’artiste et de modèle. Visite.

Une fois l’accueil franchi, avec Belinda tapotant sur son ordinateur, le visiteur arrive dans un couloir. Simple d’apparence, il recèle de trésors : une véritable galerie de pop art en plein cœur de Studio M. Ce couloir, dont peu connaissent l’existence, débute par un homme, avec des lunettes de soleil, représenté sur un fond blanc. Son T-shirt est jaune et noir, ses cheveux rouges. Il est auréolé d’un orange assez vif. S’en suit le portrait d’une jeune fille rose sur fond vert. A sa gauche, une demoiselle entourée de bordeaux pose tout sourire. Son visage jaune ne cache en rien ses dents d’un blanc étincelant remarquable au premier coup d’œil. Tous trois mettent de jeunes artistes en œuvre. Les peintres deviennent modèles pour permettre à leurs camarades d’exercer leur art. Dernière toile avant de quitter le couloir : un homme typé afro-américain fait d’ombres violines sur un cadre noir. Frappant de réalisme, son air sévère, derrière ses Ray Bans, est rendu par ses sourcils froncés.

De l’art ignoré

« Espace arts appliqués ». Sur la gauche, le BDE est envahi par les barbes à papa qui côtoient Sonic le hérisson et une superbe représentation de Bouli en pâte à sel, réalisés par les MANAAs troisièmes années. Toute cette scène est supervisée par Sulli, de Monstres et Compagnie, qui domine la salle. Pièce principale. Une jeune fille, posée négligemment sur le sol, indique la sortie. Deux chevalets. Sur le plus éloigné, le portrait d’une jeune fille mutine, qui joue avec son piercing à la lèvre. Son collier rouge cerise attire l’œil. Deux autres toiles sont exposées. L’une d’elles représente une jeune fille timide au pendentif en croix violet. Ses cheveux rouges contrastent avec sa candeur. La dernière œuvre, mais pas des moindres, est d’inspiration Andy Warhol : un portrait reproduit quatre fois. Sortie des classes : des élèves papotent, se bousculent sans prêter attention à l’art qui les entoure. Un peu comme tous ces Américains qui ont traversé la station du métro de Washington DC, un matin de janvier. Aucun d’entre eux n’a remarqué la présence de Joshua Bell, l’un des plus grands musiciens au monde, jouant incognito des morceaux plus durs les uns que les autres. L’art est encore trop ignoré voir négligé.

Albane Deloule

octobre 8, 2009. CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

Slumdog Millionaire : pluie de commentaires et de prix

Revue de presse réalisée dans le cadre d’un exercice scolaire le 26 février 2009

Au lendemain de la 81e cérémonie des Oscars, la presse n’a pu s’empêcher de revenir sur le phénomène Slumdog Millionaire qui a tout raflé.

Libération du 24 février titre Mousson d’oscars pour « Slumdog ». Pour illustrer cet article, deux photos. L’une présente des habitants d’un bidonville de Mumbai dans la rue devant la retransmission de la cérémonie des Oscars. La Seconde met en scène Dev Patel, sous les traits de Jamal Malik, au-dessus de Mumbai. Trois angles se dégagent de ce papier. Le correspondant à Londres explique que bien que le film aux huit oscars ait été tourné en intégralité en Inde, et que la majeure partie des acteurs soit locaux, les Britanniques revendiquent la victoire. En effet, Danny Boyle, le réalisateur, la compagnie de production, le scénariste ainsi que l’acteur principal sont anglais. Le vif succès du film est aussi retracé : huit oscars, cinq semaines en tête du box-office, 160 millions d’euros gagnés etc… Le dernier axe est celui du message porteur d’espoir délivré au milieu du réalisme tragique.

Le Figaro a publié ce même jour deux articles sur le film le plus oscarisé de l’année. L’un intitulé L’histoire secrète de « Slumdog Millionaire », l’autre Malgré le succès, Boyle reste prudent. Pour accompagner le premier reportage, une photographie de la scène assez incroyable des toilettes. Le quotidien dévoile dans son premier papier les prémices du film, de la lecture des Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup, qui sert de base à l’œuvre de Danny Boyle, à la réception du scénario signé Simon Beaufoy. Le journaliste se penche également sur les références littéraires présentes dont notamment celle de Caïn et Abel, les frères ennemis ou l’assimilation de Mumbai au Londres de Charles Dickens. Sont également évoqués le choix du casting et les difficultés rencontrées tout au long du tournage. Le second article met en garde contre le succès de ce film qui monte à la tête de l’industrie cinématographique britannique. Le risque ? Croire que tout est joué pour elle et ainsi ne plus faire d’efforts.

Trop récompensé

Le Monde titre Grand favori, « Slumdog Millionaire » rafle la mise aux Oscars. Le choix éditorial a été fait de n’évoquer que brièvement les prix remportés par Boyle et les autres candidats en lice. Le quotidien s’est concentré sur les réflexions de Sean Penn à propos du mariage homosexuel et sur le titre posthume décerné à Heath Ledger pour sa fantastique performance en tant que Joker, laissant de côté les sempiternels synopsis et polémiques autour de l’œuvre la plus titré de cette 81e cérémonie. L’illustration montre pourtant Dany Boyle s’agenouillant afin d’atteindre la hauteur de son héroïne Rubiana Ali, chacun brandit une statuette.

A contrario, 20 minutes sceptique sur la légitimité de tous ces prix, a préféré ne montrer que les critiques négatives sur Slumdog Millionaire, publiée par des confrères dans un papier nommé « Slumdog Millionaire » a t-il reçu trop d’Oscars ?. A l’instar du Monde la gratuit montre également une photo du réalisateur déposant cette fois-ci un baiser sur le front du petit Azharuddin Ismael.

Albane Deloule

octobre 8, 2009. Articles publiés, Cinéwoman, CuLtUrE bOx. Laisser un commentaire.

Le petit fauteuil de l’intégration

Article rédigé dans le cadre d’un exercice scolaire en novembre 2007

Du 12 au 18 novembre 2007, se déroule la 11ème semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Pour l’occasion, la troupe de théâtre d’entreprise Guichets fermés donne 33 représentations du « Petit fauteuil de Raymond ».

La loi de février 2005 impose aux entreprises de porter à 6% du personnel l’effectif personnes handicapées, mais à l’heure actuelle, plus de la moitié des sociétés ne la respecte pas. Le Club entreprise et handicap de l’Isère a décidé de sensibiliser les entreprises, pour ce faire, le théâtre a semblé être le meilleur outil de communication. Guichets fermés a donc été contacté pour concocter une pièce dédramatisant l’insertion des handicapées dans le monde du travail. De cette collaboration est né Le petit fauteuil de Raymond, écrit par Jacques Chambon interprète, entre autres, de Merlin dans la série Kaamelot. Écrite en 2006 à l’occasion de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, cette pièce sera jouée à nouveau cette année, du 12 au 18 novembre. Cinq équipes vont se relayer dans toute la France pour les 33 représentations. 25 entreprises pourront assister à ce spectacle, parmi lesquelles Air France, Total, Sanofi Pasteur, Areva, Amadeus, Blédina ou encore Conforama.

Peur de l’inconnu

Ces sociétés vont être confrontées au tabou qu’est l’intégration d’une personne à mobilité réduite, mal entendante ou encore non-voyante, au sein de leur structure. L’objectif de la TPE est de prouver qu’avec de la volonté, c’est possible. Jean-Louis Rapini, metteur en scène et fondateur de Guichets fermésne prétend pas refaire le monde : « Nous le faisons avancer. Le jour où les recruteurs ne voient plus le fauteuil, nous avons gagné. » La troupe tente également de montrer comment faire fi des préjugés et d’éluder de faux problèmes. Effectivement, beaucoup pensent que le handicap ne concerne que les personnes à mobilité réduite et ne voient ainsi que le problème financier d’aménager les structures pour les fauteuils roulants. Ils oublient de nombreuses infirmités tels que la surdité, le mutisme ou la cécité. Ils ne se rendent pas compte des avantages, comme la fidélité ou la motivation de ces personnes pour qui l’embauche est perçue comme une grande chance. Le problème le plus profond est la peur de l’inconnu. Le petit fauteuil de Raymond met les salariés face à ce monde nouveau et « appuie là où ça fait mal avec humour », souligne M. Rapini.

Albane Deloule

octobre 8, 2009. CuLtUrE bOx, Sous les planches. Laisser un commentaire.

« Page précédentePage suivante »

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.