We wish you a merry Christmas

Première fenêtre

    Chose promise, chose due ! Nous voilà le premier décembre, les boutiques commencent à arborer leur plus belles parures scintillantes, il est donc temps d’ouvrir la première fenêtre de ce petit calendrier de l’avent. Oui, vous avez le droit de manger votre petit chocolat du jour avant de lire la suite.

    Le premier coup de cœur dont je vais vous parler est littéraire. Pour nombre d’amateurs de lecture Marc Lévy n’est pas un vrai auteur, ses textes ne valent que pour s’occuper sur la plage, etc. Je dois pourtant admettre que mon livre fétiche est signé de sa plume. Il s’agit d’Où es-tu?. Une histoire incroyablement émouvante de deux adolescents Philip et Susan, qui s’étaient promis l’amour éternel. Arrivés à l’âge adulte, tout les sépare. Elle est partie dans l’humanitaire en Amérique centrale. Lui a préféré conquérir Manhattan. Et pourtant ils continueront à s’écrire. Ces lettres seront tout ce qui les retiendront l’un à l’autre. Bien évidement mon avis est biaisé vu que suis fan des romans épistolaires (bon ok, j’extrapole, juste de tous ceux que j’ai eu l’occasion de lire jusqu’à présent). Ça a commencé avec les fameuses Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Dans ce même registre, je recommande vivement Where Rainbows end de Cecilia Ahern, l’auteure de PS: I love you. Une histoire très émouvante, et somme toute assez semblable à celle de Marc Lévy, de deux meilleurs amis à l’enfance qui se retrouvent séparés mais continuent malgré tout à communiquer.

   Bon revenons à nos moutons. Où es-tu? est composé de deux parties, la seconde abandonne les lettres pour une narration plus traditionnelle. Je ne raconterai pas grand chose à son sujet pour ne pas gâcher la surprise. Elle est très différente de la première mais toujours aussi touchante. On y trouve notamment la plus belle des définitions du mot paradoxe. Je me contenterai simplement de vous copier ci-dessous mon passage préféré. Pour ceux qui avaient l’habitude de feuilleter mes agendas, vous avez déjà du tomber dessus.

Tournant son visage vers la fenêtre, elle se sentit cernée par la tristesse du ciel dans cet après-midi morne et silencieux. Lisa leva la tête et surprit le chagrin qui coulait sur les joues de Mary. Elle la scruta ainsi quelques instants et la colère qui l’envahit vint déformer son visage de petite-fille. Elle sauta aussitôt de la chaise où elle était perchée et se dirigea d’un pas déterminé vers le réfrigérateur qu’elle ouvrit brusquement. Elle prit des œufs, une bouteille de lait et claqua le battant. Elle s’empara d’un bol dans lequel elle commença à fouetter son mélange avec une vigueur qui étonna Mary. Elle ajouta de la même façon et sans aucune hésitation, sucre, farine, et autres ingrédients qu’elle saisissait un à un sur les étagères.
-Qu’est-ce-que tu fais ?
L’enfant fixa Mary droit dans les yeux, sa lèvre inférieure tremblait.
-Dans mon pays il pleut, mais pas des pluies comme ici, des vraies, qui tombent pendant tellement de jours qu’on ne peut plus les compter. Et la pluie chez nous, elle est si forte qu’elle finit toujours par trouver son chemin pour entrer sous ton toit, et elle coule à l’intérieur de ta maison. Elle est intelligente la pluie, c’est maman qui me l’a dit, toi tu ne le sais pas, mais il lui en faut plus, toujours plus.
La colère de l’enfant grandissait à chaque mot. Elle alluma le gaz et y fit chauffer une poêle. Elle continua, interrompue seulement d’un soubresaut.
-Alors, elle cherche comment aller plus loin, et si tu ne fais pas très attention, elle se glisse dans ta tête pour te noyer, et quand elle a réussi, elle s’enfuit par tes yeux pour aller noyer quelqu’un d’autre. Ne mens pas, je l’ai vue la pluie dans tes yeux, tu as eu beau essayer de la retenir en toi, c’était trop tard, tu l’as laissée entrer, tu as perdu !
Et tout en poursuivant son monologue, de rage, elle déposa sa pâte et la regarda dorer sur le feu.
-Elle est dangereuse cette pluie-là, parce que dans ta tête, elle enlève des bouts du cerveau, tu finis par renoncer et c’est comme ça que tu meurs. Je le sais bien que c’est vrai, je les ai vus les gens qui chez moi sont morts parce qu’ils ont abandonné, c’est Enrique qui les transporte ensuite dans sa charrette. Maman, pour nous protéger de la pluie, pour nous empêcher de nous faire du mal, elle a un secret…
Et de toutes ses forces réunies en un geste soudain elle fit virevolter la crêpe en l’air. Dorée, elle tournoya sur elle-même, s’élevant lentement jusqu’à venir se coller au plafond, juste au-dessus de Lisa qui la montra du doigt. Le bras aussi tendu que la corde d’un arc prête à rompre,elle hurla à Mary:
-C’est le secret de maman, elle faisait des soleils sous le toit. Regarde, dit-elle en pointant de toutes ses forces la crêpe collée au plafond, mais regarde ! Tu vois le soleil ?
Et sans attendre de réponse elle en fit revenir une nouvelle qu’elle envoya aussitôt rejoindre la première. Mary ne savait pas comment réagir. À chaque crêpe qui prenait son envol, la petite fille dressait fièrement son index en l’air et criait:
-Tu les vois les soleils, alors tu ne dois plus pleurer maintenant !

Fun fact: en cherchant à illustrer cet article, j’ai découvert que le dessin de couverture était de Mylène Farmer! Autant je savais qu’elle faisait des illustrations, j’en avais déjà vu quelques unes, mais je dois admettre que je n’avais jamais fait le rapprochement.
Si celui-ci vous plaît, voici son site pour découvrir ses autres œuvres: http://www.mylene.net/mylene/mylene-farmer-dessins.php

A demain pour une nouvelle fenêtre.

XOXO

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2 réflexions au sujet de « Première fenêtre »

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