#JeSuisCharlie

La liberté d’expression est-elle morte ce 7 janvier 2015 ?

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Avant toute chose, je prétends nullement ici répondre à cette interrogation, vous apporter ma science ou quoi que ce soit, je vous livre tout simplement mon ressenti et mes craintes.

    On écrit pour être lu, pour informer, pour honorer une commande, pour le plaisir. Quelque soit le motif, quelque soit le thème, celui qui fait glisser sa plume ne perd jamais de vu la cible, le lecteur. Il se demande si ce qu’il écrit va plaire. Il n’y pense pas forcément mais garde toujours dans un coin de son esprit la peur de la censure. Il espère ne jamais avoir à s’y confronter. Il met du beurre dans ses épinards afin de ne pas se faire taper sur le doigt. Il reformule, utilise l’ironie, le second degré pour dissimuler cette idée qui pourrait heurter la sensibilité ou contredire la ligne éditoriale de son canard.

   Avec cet attentat est née une censure d’un nouveau genre, on risque maintenant de mourir pour faire passer une idée, une information. Comme le disait le journaliste Albert Londres,

« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie« .

Cette plaie est maintenant devenue réelle. Certes les mots peuvent blesser, heurter des sensibilités, énerver, créer de vives émotions mais comment est-ce que l’on peut en arriver là ? Des hommes sont morts pour la liberté d’expression. Comment les journalistes pourront-ils écrire maintenant qu’en plus de leur redac’ chef, du patron du média, ils doivent veiller à ne pas énerver de fanatiques ? Comment garder l’envie d’écrire, de partager, lorsque une épée de Damoclès, qui pourrait leur coûter la vie, pèse au dessus de leur tête ?

   Tous ces gens dans la rue, sur Facebook, twitter etc. revendiquent que la liberté n’a pas été tuée, qu’elle a été renforcée, mais eux oseront-ils écrire ? Prendront-ils les stylos qu’ils brandissent pour rédiger des articles ? S’ils y parviennent, si l’encre coule, les laissera-t-on faire ? Aujourd’hui la question ne se limite pas à savoir si l’on peut rire de tout, mais bel et bien si l’on peut parler de tout.

  Il ne reste plus qu’à espérer maintenant que ces grands hommes, qui se battaient quotidiennement pour une cause que leur tenait à cœur : la liberté de la presse, ne soient pas morts pour rien.

RIP Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Elsa Cayat, Cabu, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merrabet,  Moustapha Ourad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski

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2 réflexions au sujet de « La liberté d’expression est-elle morte ce 7 janvier 2015 ? »

  1. Je veux pas que l’on laisse tomber le courage de dire ou d’exprimer tout haut ce que certains d’entre nous n’ont pas le courage ou n’on pas la maniére de le faire comme eux ils l’avaient…Quelqu’en soit la nature de l’expression écrite ou dite, surtout quand s’est de l’humour face a une dictature qui se présente…..Quand aux policiers je suis admiratif aussi de voir le courage qu’ils ont eu a affronter ces salopards, ils ont payé de leur vie dont un qui s’apelait Hamed il était arabe, pour moi il s’écrit avec un grand H….. Paix a leur âme a tous

    Aimé par 1 personne

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