Gribouilles à roulettes

Top 5 des plus beaux souvenirs des 24h de Le Mans

generations grol girls    Chaque année, généralement à la mi-juin, le circuit Bugatti est envahi par une horde de rollers. Oui, les 24 h du Mans existent également pour les patins à roulette. Et chez nous, on appelle ça les 24h de Le Mans. Le départ est donné le samedi à 16h, et donc logiquement prend fin le dimanche à 16h. Cette période de l’année est ce week-end. Je ne serais pas de l’aventure cette année alors je me suis dit que j’allais faire un petit classement des plus beaux mo-mans. Puisque c’est la première fois depuis 2008 que je n’y serais pas, j’ai pas mal d’images en mémoire. Canicule, froid polaire (0° en mai), vent, pluie… J’en ai vu de toutes les couleurs.

☆ 5. Le lit du mercure de gare de Lyon ☆

mercuregaredelyon

   24h de le Mans 2011. La course est finie. Les filles se hissent sur la troisième marche du podium et les hommes remportent le classement vétéran. Un petit encas est savouré au camping avant de prendre le chemin de la gare. C’est là que les péripéties commencent. Notre train est supprimé. Nous sommes assez habitués à cela, les contrôleurs ayant une fâcheuse tendance à faire grève les week-ends de compétition. La raison cette fois était un incendie sur les rails. Impossible donc pour notre train de circuler.

   Nous avons réussi à monter (à 27) dans un TER pour Paris, où nous avions pile poil le temps de changer de gare pour attraper notre correspondance. C’était sans compter sur le retard de ce train ! Nous nous sommes donc rapprochés du contrôleur qui nous a assuré qu’un wagon couchette nous serait ouvert afin que l’on se repose avant de rentrer sur Lyon le lendemain.

   Une fois arrivés en gare de Montparnasse, personne n’était avisé de notre venue. Après nous avoir distribué des kits avec sandwich, bouteille d’eau et salades, et moultes conversations, on nous demande de regagner gare de Lyon où une salle a été ouverte pour nous. Que nenni. Bis repetita placent. Nous n’étions visiblement pas les bienvenus, puisque nous avons dû nous battre pour être reçus par la personne de l’accueil qui voulait rentrer chez elle en nous laissant en plan.

bordelgaredelyon

   Pendant que certains discutaient nous avons établi le camp. Les roms n’ont qu’a bien se tenir ! Après un bon moment, la personne appelle son responsable qui donne l’autorisation de nous loger à l’hôtel Mercure juste à côté. Nous migrons donc jusqu’à son hall, où nous plantons à nouveau le campement, trop fatigués pour attendre bien gentiment sans s’allonger ! Imaginez un peu la tête de la personne à la réception !

   Un peu de progrès cette fois-ci, ce monsieur avait bel et bien été prévenu de notre arrivée, mais nous demandait de régler les chambres car elles n’avaient pas été prises en charge par la SNCF. Ni une, ni deux, le plus vivace d’entre nous a couru à la gare retrouver la personne qui s’était occupée de nous pour qu’elle envoie les papiers nécessaires ! nicosalmandormentgaedelyon

   Nous avons donc pu enfin rejoindre nos chambres vers 3h du matin, alors que la moitié d’entre nous avait été placée (en première s’il vous plait !) dans le train de… 5h50 ! Nous nous sommes donc rués sous les douches avant de nous affaler dans le plus confortable des lits jamais inventés ! Quel pied !

☆ 4. L’effervescence ☆

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   Le Mans est un lieu mythique. Ce ne sont pas les amateurs de Formule 1 qui me contrediront. L’arrivée au camping, dans les paddocks, flâner dans les stands… Autant de moments magiques assez compliqués à expliquer. Rien que de voir les photos je suis excitée comme une puce.

24hdelemans2011géné

☆ 3. Le podium boycotté ☆

   Les organisateurs ont assez peu de respect pour la catégorie endurance (maximum 6 participants, et 5 cette année-là, le règlement ayant changé en 2014) féminine. Les hommes gagnent de l’argent, les filles des roses et polos lorsqu’elles sont récompensées ! En effet, deux années sur mes trois participations dans cette catégorie mes équipes n’ont pas été récompensées pour leur deuxième place.

24hdelemans2012podium

    En 2012, alors que la bataille était acharnée et que le podium n’était pas fait avant les dernières heures de course, l’organisation a décidé de ne laisser monter que sur le podium que les premières. Nous étions toutes tellement déçues, que les premières nous ont lancé leurs roses pendant qu’on les attendait au pied du podium. Et nous avons fait des photos pendant que les organisateurs tentaient de communiquer.

☆ 2. Faire le finish ☆

   Je vous parlais plus haut de l’effervescence du Mans, il y a deux moments où elle est particulièrement intense : le départ et l’arrivée. Au départ, la horde est excitée telle les femmes le premier jour des soldes. Tout le monde vient encourager son co-équipier qui s’apprête à courir (en chaussettes ou pieds nus) jusqu’à ses rollers, dans le dessein de les enfiler le plus vite possible afin d’être le premier dans la dunlop (la montée du circuit).

   Durant les dernières heures de course, on désigne le dernier relayeur afin de le laisser se reposer un peu. En effet, la fin des relais étant à 23h45 de course, le patineur devra donc effectué au minimum deux tours. Il faut également attendre que l’équipe de tête passe la ligne après les 24 heures de course pour que les autres concurrents puissent s’arrêter. Toutes les équipes se rassemblent donc contre le plexiglas ou dans les gradins pour vivre ce moment unique.

finish24hdelemans2012

   Et je peux vous dire que de vivre cela en étant sur les rollers est spectaculaire. Tout le monde vous encourage. L’année où je l’ai fait (2012), je suis tombée en même temps qu’un copain de l’autre équipe du club (Gossipskate) qui m’a aidé. Le hic est que j’ai roulé trop vite pour n’avoir que deux tours à faire. Donc pour ne pas enchaîner trois tours, je me suis arrêtée avec les solos en haut de la dunlop afin d’attendre le passage de la première équipe.

      Je n’ai pas attendu si longtemps car j’ai vu la patineuse de l’équipe classée juste derrière nous (troisième) passer. Ayant peur qu’elle soit en train de revenir sur nous, je me suis mise en route à sa poursuite. Et je l’ai rattrapée ! D’où la photo… Bon ok, il y avait aussi le fait que je n’ai pas à grimper une troisième fois cette foutu dunlop. Un moment unique.

jeromechrono24hdelemans☆ 1. « Oh mais c’est de la vraie eau ?! » ☆

   Forcément pendant une course de 24 heures, on ne peut pas avoir suffisamment d’eau pour tenir tout du long, il faut forcément à un moment donné (qui arrive en général au bout de moins de deux heures de course) remplir les bouteilles avec de l’eau du robinet. Alors mon meilleur souvenir je le dois à mon « coach » Jérôme. Il ne fait même pas de roller et pourtant chaque année il vient pour nous chronométrer, sans même prendre une pause pour se reposer !

   Revenons à cette histoire d’H2O. Après pas mal d’heures de course (pour dire, je ne me rappelle même si c’était dans la nuit ou le dimanche !), exténuée, Jérôme a eu pitié de moi et m’a tendu une bouteille. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en trempant mes lèvres qu’il s’agissait de Vittel, de la vraie ! Pas une bouteille remplie, non ! De la vraie de vraie. Je n’ai jamais autant savouré de l’eau. Elle était encore meilleur qu’un sex on the beach.

   Alors si c’est si merveilleux, pourquoi est-ce que tu ne t’y rends pas cette année ? Me demanderez-vous ? Bonne question ! Tout simplement parce que je suis écœurée. Et oui, cette satanée Dunlop (la célèbre montée qui parait plate lorsque vous regarder les formule 1 ou les motos rouler dessus mais qui en vrai grimpe vraiment ! Et en plus, quelqu’un l’incline de plus en plus à chaque tour ! Insensé. ) a eu raison de moi.

   Mais vraiment ce qui m’a donné envie de prendre un break c’est que comme je vous l’ai expliqué dans le point 3, on doit se battre pour monter sur le podium ! L’an passé on s’est à nouveau classées deuxièmes, devant la deuxième équipe féminine à dix ! Le règlement stipulait que si nous étions classées dans le premier tiers de la compétition, nous aurions  notre podium. Nous avons fini trente-deuxième. J’ai beau être nulle en maths, il me semble que sur cinq cent, ça colle… Mais il semblerait que je sois encore plus lamentable en calcul que je ne le pensais, car nous avons dû batailler pour avoir l’autorisation de monter sur le podium… sans être récompensées. J’en ai assez qu’au sein même du monde du roller, il y ai encore des personnes qui ne fassent aucun effort pour que notre sport soit reconnu.

   C’est pourquoi je me suis jurée de ne pas revenir cette année. Je dois admettre que je regrette un peu de ne pas avoir posé mon week-end, car j’aurais quand même bien passé un moment avec les copains à les encourager, chronométrer pour eux et à les empoisonner avec mes pâtes immangeables. Je les suivrais quand même depuis la tablette.

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5 réflexions au sujet de « Top 5 des plus beaux souvenirs des 24h de Le Mans »

  1. Je l’ai fait cette année, c’était ma 1ère fois. (equipe de 10, tous notre 1ère fois à part le capitaine) C’est une expérience extraordinaire. Je le referais surement l’année prochaine. Même si, quand je remonterais le Dunlop, je me dirais surement :
     » – Qu’est ce que je fous là « 

    Aimé par 1 personne

      1. Alors, j’espère que l’on s’y verra l’année prochaine, je re-signe et je prend tout : les courbatures, les 3 heures de sommeil pendant la course, les réveils après ces mini siestes ou tu as la gueule dans le paté et que tu ne sais pas ou tu es, les efforts démesurés pour remballer jusqu’au camping après la course, mais surtout pour les frissons à la sirène du départ, la boule au ventre 1 mn avant ton 1er relais, le sentiment de plénitude après ton dernier relais pendant que tu cherche désespérément un peu d’air car tu as sorti tes tripes sur ta dernière boucle, les entraides pendant la course sur des aspirations, la descente du dunlop à font les ballons ou tu débranche ton cerveau en prenant le virage, le repas d’après course ou tu reprend une alimentation presque normale et j’en oublie surement.
        Ceux qui ne l’ont pas fait ne peuvent pas comprendre.

        Aimé par 1 personne

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